Avant de vous décrire ce que fut la première audience publique du procès Bizutal, il me faut vous ramener quelques mois en arrière, dans les forêts sombres et humides des Ardennes...

Dans ces lieux pour le moins marécageux, le premier bizut de l'histoire moderne des Bods connut un sort funeste et terrifiant...

On m'a rapporté depuis (des commis voyageurs qui desservent régulièrement cette contrée reculée et sauvage) que lorsqu'un jeune garçon, âgé de 18 à 25 ans, refuse de manger sa bonne soupe, ses parents lui parlent, avec la voix de ceux qui ont déjà vu le loup, d'un terrible cortège de

qui entre sans prévenir pour emporter le loustic dans les bois et lui faire subir....Non c'est trop atroce...Il y a dans l'assistance une future Maman...

Les bizuts, qui devaient connaître le même commis-voyageur, voyaient la pleine lune monter dans la nuit étoilée de Saint-Nicolas des Biefs, en se demandant si l'aube brillerait à nouveau pour eux le lendemain matin...

Et ils avaient raison les pôvrets...
Lorsque le tribunal Bizutal, auquel ne manquait que sa greffière (Noufa

), entra dans la salle des (d)ébats, un silence glacial s'abbatit sur l'assistance...
Le Président Riton, aux sourcils noirs et épais, jettait un regard d'impérator sur le public, venu nombreux assister au supplice annoncé

. Ses deux assesseurs, le terrible "menu-vapeu'" et le non moins épouvantable "Zemarley" n'étaient pas venus "pour faire de la figuration" (comme le dit si bien Thierry Roland).
Et surtout, surtout, que penser et dire de Jack-Ouille, avocat général qui, dans sa livrée de Kmher, annonçait déjà un réquisitoire que Danton et Robespierre réunis n'auraient pas réussi à égaler...

Les bizuts, enchaînés l'un à l'autre, et conduits par un Pandorre de la vieille école, tremblaient en gravissant les quelques marches qui les séparaient de leur triste sort...
Et derrière eux se tenaient les pires individus que les banlieues les plus mal famées de Milwaukee n'avaient jamais engendrés....Les tristement célèbres

, émules du grand RDTDC, disciples du God à deux têtes, affidés de la secte vénérant le "Tchi-Tchi"...
Un désastre humanitaire.
Le "procès" eut lieu dans la confusion la plus totale. Le réquisitoire fit état de relations coupables entre Fée-File et l'un au moins des deux Bizuts...L'autre n'ayant, semble t-il joué qu'un rôle passif...Mais pas moins COUPABLE !!!

L'avocat commis d'office pour ces pauvres hères prononça de belles paroles mais qui, à l'heure avancée du procès, ne furent comprises que quelques secondes, lorsqu'il annonça qu'il en avait terminé...

(Mais quelle belle envolée...

)
Dès cet instant, les deux malheureux comprirent que la route allait s'arrêter ici.
Aussitôt la sentence prononcée, et reprise en "choeur" par une assistance aux yeux injectés d'un mélange muscat-marquisette-pastaga, les suppliciés furent conduits vers un endroit que je tiendrai volontairement secret...(par peur des représailles)
La suite, seule la grande histoire de la Bod la révélera peut-être un jour. (Lorsque que les bizuts entameront un travail sur eux-même en rédigeant "Mémoires d'un bizut" ou bien "La douleur au réveil :Essai."
Le silence fit rapidement sa place. Le gîte refermait ses volets sur ce drame de la vie et quelques bodeurs en mal de souvenirs se regroupèrent autour d'un fût de Muscat de Frontigan. On put y reconnaître Stingvert, l'homme-grenouille, DJruPté, et Philgood...

Il ne manquait qu'Audiard.

Mais il arriva...
A suivre...