WATERLOO
J'ai vu de vieux soldats assis dans le fossé
La tête entre les mains, tout couverts de poussière ;
Leurs fusils sur le sol, comme des jouets cassés
Etaient couverts de boue, et leurs lourdes paupières
Etaient gonflées de sel, de sang et de rancœur.
Peu d'officiers vivants, des sergents accablés
Semblaient avoir perdu la voix et la raison.
Sur les rouges dolmans les décorations
Perdaient, elles aussi, leur signification.
Tout était aboli dans cette grande armée
Et la France était loin des jeux de ses enfants.
Les corbeaux dans le ciel plombé tournaient en rond
Sûrs de se régaler d'une immense marée.
C'était la fin, sous un ciel presque blanc,
On voyait l' Empereur et quelques Maréchaux
S'en aller lentement au pas de leurs chevaux.
Sans leur armée, ils étaient morts !...
Et le pays, sans eux, partagerait leur sort.
Tout semblait consommé...Soudain...Un coq chanta !
Et du tas de mourants un grondement monta.
On entendit au loin crier « Vive la France ! »
Et dans ce matin blême le soleil se leva.
Grogro's father – 23/10/2000 (A la manière du grand Victor...)