La vie, parfois mouvementée, de ce site m'a fait remonter en mémoire ce texte, extrait d'un bouquin que j'ai lu il y a peu de temps. Je vous laisse apprécier.
Histoire de motardCette histoire est tirée des mémoires de feu le Lieutenant de Vaisseau Pierre GUILLAUME, dont la vie inspira le film « Le crabe-tambour » de Pierre SCHOENDORFFER.
Pierre GUILLAUME a eu un chien, au début des années 50, qu'il emmenait partout avec lui, du Tonkin en Auvergne. Voilà justement le récit d'une « ballade » en moto, lors d'une permission en France.
« Lors d'un de mes retours, j'ai embarqué KIM sur la moto et traversé la totalité de la France, pour aller en Bretagne chez une amie et passer à Saint-Malo. Une nuit, en plein massif central, nous avons croisé des voitures et je les voyais freiner puis s'arrêter. (Le chien était installé sur le réservoir, les deux pattes arrière sur les grippe-genoux, coincées mais repliées, et les pattes avant sur le guidon). Dans les phares, les yeux phosphorescents du chien faisaient penser à la bête du Gévaudan qui chevauchait une moto. Les automobilistes ne me voyaient pas derrière car j'étais couché sur le chien.
Alors que j'étais sur une route en lacet près du Puy, l'éclairage s'est éteint en plein virage. Je l'ai pris au jugé et le chien, qui s'est tout de suite rendu compte que je ne prenais pas la bonne direction, a sauté sur le côté. Ce faisant, il a déséquilibré la moto qui est partie en glissade. Il m'a sauvé la vie, parce que, si j'avais continué tout droit, je dégringolais 50 mètres plus bas. J'étais complètement rapé sur le côté, et la pédale qui se trouvait face à la montagne a fait ancre. Je suis descendu pratiquement jusqu'au lacet suivant sur le flanc. Une fois arrivé en bas, le temps de se remettre d'émotions légitimes, l'éclairage s'est remis à fonctionner. J'ai trouvé une grosse pierre pour redresser la pédale repliée. Le guidon était faussé, mais il n'y avait pas beaucoup de dégâts et la fourche n'avait rien. J'ai relancé le moteur qui avait un bruit normal. Mais le chien avait disparu. Je démarre la moto, j'appelle le chien et je vois KIM arriver, rampant comme un serpent. Il m'a regardé et a sauté sur le réservoir de la moto, mis ses pattes sur le guidon en se disant : « J'ai vraiment un maître, il faut le voir. Je raconterai ça aux copains, ils ne me croiront pas. »Tu fais partie de cette race de motards mon Rafounet. Les vrais, les durs, les tatoués. Je t':bisou: