Auteur Sujet: Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...  (Lu 20366 fois)

riton

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #255 le: mer. 12/12/2007 à 15:41 »
Ca me rappelle la recette de la brandade de morue "façon Riton";
j'avais tenté, en vain, d'inculquer à d'incultes convives -lors d'une soirée campagnarde ou la seule baguette de pain n'a pas suffit à éponger 12 ou 13 litres de boissons alcoolisées- quelques notions culinaires visant à introduire la morue au rang des plats accessibles aux moins doués d'entre vous....
Je n'ai jamais pu terminer: pour je ne sais qu'elle raison, tout le monde se roulait sous la table ....
JLG, si tu me lis !!!!
 

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD... 2007
« Réponse #256 le: mer. 27/02/2013 à 18:12 »
La BoD 2007 par Grogro :


La BOD 2007.

De Jean Giono à Jean Girault…

La Provence.

Lorsqu’on évoque cette partie de la France, le regard s’éloigne, la respiration ralentit au rythme de soupirs pleins de nostalgie. Des odeurs de thym, de menthe, de sauge, de sariette, de romarin, de lavande et d’innombrables fleurs aux couleurs de paradis enivrent votre mémoire et, dans ce halo de lumière, votre esprit vagabonde au pas lent du promeneur dans la pinède, seulement troublé par le crissement ensoleillé des cigales.

C’est bien là, dans cet Eden méridional, que la BOD décida de s’installer durant quelques jours, entre le 17 et le 20 mai 2007.

Et c’est son histoire, joyeuse et agitée, que je vais maintenant entreprendre de vous narrer.


CHAPITRE 1 – Avant la BOD, c’est déjà la BOD !

Les plus anciens d’entre nous ajouteraient même sans aucun doute que la BOD s’installe dans votre esprit et dans votre corps très longtemps avant, provoquant chez le sujet qui l’espère et l’attend, des réactions très curieuses dont les symptômes avant-coureurs sont désormais bien connus. Tremblements convulsifs, manque de concentration, frénésie mécanique, sueurs diurnes et nocturnes, fous rires inexpliqués…

Toujours est-il que la veille d’une BOD est une journée très particulière qui présente déjà la caractéristique majeure de compter au moins 24 h 00 de plus…L’attente devenant insupportable, et la technologie moderne étant venue à votre secours, vous pouvez néanmoins en réduire les effets dévastateurs par l’envoi de nombreux messages dits « SMS » aussi courts que précis. (Quelques exemples parmi d’autres : « tarlouze ! » ou « je te hop ! » ou bien encore « petite bite ! »)

Ces invectives n’ont d’autre but que de vous permettre de partager avec vos semblables ces moments de cruauté extrême.

Pour illustrer mes propos je vais maintenant vous décrire quelle fut ma « Veillo-Bod ». (A verser au dictio-bod)

Très éloigné des réalités et des préoccupations de mes collègues de bureau, je décidai, n’y tenant plus, d’abréger mes souffrances et de partir, subrepticement, à 17 h 30.

Le jeune Fanou qui faisait route vers Lyon en compagnie de Fastgirl, Mifink et Mantrix, me tenait très régulièrement informé de leur progression, déjà ponctuée de quelques caprices mécaniques d’un ZZR… « Tsé…Y’a un truc coincé dans les freins…J’ai changé les plaquettes et ça vibre dans la fourche…Le disque va sûrement se dessouder et j’ai déjà failli perdre l’avant à 200 dans une courbe quand le caisseux devant a sorti un doigt pour me dire que j’avais encore de la marge pour lui faire l’exter’…Mais tsé j’ai changé de file en posant le genou…. » :bisou:

A 19 h 30, un appel de Fanou – brave petit - m’indiquait qu’ils étaient, conformément à mes prévisions, totalement paumés dans Lyon. Je pris alors la peine d’indiquer à Fanou un itinéraire imparable pour parvenir jusqu’à chez moi et que ce jeune (et beau) bizut notait scrupuleusement, seulement distrait de temps à autre par Mantrix qui donnait sa vision des choses en indiquant qu’avec une bonne boussole, et une carte d’état-major, on y arriverait bien toujours, tsé…

C’est alors qu’un autre bizut, Mifink, eut une idée en tous points géniale. Il proposa d’utiliser son GPS !! Evidence quand tu nous tiens…Il en avait justement un dans son sac et se souvenait que dans les cas d’égarement total, notamment, ça pouvait servir !!

Fanou, qui venait de terminer de tout noter avec application, le téléphone en équilibre, une main sur le bout de papier et l’autre tenant le stylo, le remercia vivement de cette heureuse initiative !!

Aaahhh…Ces bizuts. Toujours pleins d’astuce. :hello:


Sauvés, faut-il le rappeler, par la technologie militaire de l’oncle Sam, la sympathique petite colonne arriva enfin au pied de la caverne de Grogro.

Mantrix, que son casque et le bruit des moteurs avait jusque là empêché de s’exprimer librement, se rattrapa bien vite et ses prouesses de pilotage n’eurent bientôt plus aucun secret pour personne. Les « Pièèèères », le vin blanc, le vin rouge et le champagne de Mifink nous accompagnèrent jusqu’à une heure très tardive…ou assez matinale. (A ce sujet, des coups de fil reçus m’indiquèrent que d’autres bodeurs se trouvaient également sous l’emprise de l’alcool au même instant. Ca partait donc très fort…)

Toutefois, le jeune Fanou nous fit, avant d’aller se coucher, une nouvelle démonstration de ses talents.

Dadarere, qui venait de nous signaler son arrivée à Bron, demandait par SMS à Fanou quel était le point de ralliement du lendemain matin. Notre jeune bizut entrepris alors de lui répondre et on percevait, à son extrême concentration, que la tâche était ardue. Il poussa enfin un gros soupir de soulagement lorsqu’il eut confirmation du départ de son message vers l’appareil de son correspondant.

Oui mais voilà.

1 heure et quelques verres plus tard, ce fut au tour de Mifink de consulter sa messagerie qui lui signalait qu’il avait reçu un SMS. Message qui lui donnait le point de rendez-vous du lendemain comme pour Dadarere. Ce qui était somme toute assez logique puisque Mifink venait de découvrir le message que Fanou pensait avoir envoyé à Dadarere mais qui, curieusement, avait atterri sur le portable de son voisin de table…

Aaaaahhhh….ces bizuts. Toujours pleins d’astuce. :hello: :ptdr:

Dadarere, de son côté, ne voyant arriver la réponse à sa pourtant fort judicieuse question, en fut réduit à demander au patron de l’hôtel un accès internet pour aller consulter un des posts sur le sujet. (Ce qui a du lui demander du temps car, dans mes souvenirs, ces « fils de discussion » avaient été assez « emmêlés »…)

Rassemblant tout mon courage (et, il faut bien le dire, aidé par le regard suppliant de ma femme et de Fastgirl) j’invitai mes invités à prendre le chemin du paddock, en prenant soin de fixer l’heure du réveil à 7 h 00 AM.

La journée du lendemain serait longue…

Drelin drelin !!! Satané réveil…Maîîîs non gros bêta, c’est la BOD !!! YOUPIIII !!! :fete:

Enfin le youpi fut d’assez courte durée. Même sans mes lunettes je m’aperçus bien vite que le temps était comment dire…Bodien. Visibilité « réduite ». Hygrométrie élevée. Entre le déluge et l’apocalypse. On en avait vu d‘autres me direz vous. Toutefois j’accusais quand même le coup. Il fallait repenser tout le chargement et surtout, surtout, ré-enfiler cette satanée combarde dans laquelle on allait encore macérer une bonne partie de la journée…

Les troupes étaient cependant joyeuses et surtout très disciplinées puisqu’à l’heure dite, nous retrouvions Knarf, Steph et Karlito en bas de chez moi.

Notre palanquée prît alors la route du bodheur. Celle qui allait nous mener vers cette Provence de rêve, que nous espérions ensoleillée comme dans les publicités de l’huile Puget ou de Monsieur Ducros.

Arrivés au fameux péage de l’Isle d’Abeau, dadarere et Barbara rejoignirent la troupe et nous nous élançâmes en direction de Grenoble, toutes rames dehors.

75 kms plus loin, tout avait pris l’eau. Gants, combardes, sacoches flottaient comme gondoles à Venise. La station-service située juste après le péage ressemblait au port de La Cotinière, au retour de la pêche. Les « motos-barques » déversaient leurs équipages dans la salle de la criée où, faute de poisson à vendre, nous achetions plutôt des breuvages chauds et réconfortants.

Le ZZR de Mantrix nous fît une petite frayeur, refusant à plusieurs reprises de s’ébrouer. Curieux tout de même pour une grenouille, tout à fait dans son élément… :naaa1:

Philgood, Crystal et JT33 étaient déjà à Vizille, non loin de là et je leur indiquais que nous allions faire route vers leur île dès l’avitaillement terminé.

A Vizille, les premières embrassades débutèrent et je marquai le coup en me fendant d’un tonitruant « Salut les tapettes à ressort !!! » qui dérouta visiblement la clientèle locale, surprise en outre de l’arrivée de scaphandriers en aussi grand nombre à l’heure du tiercé…

Notre caravane s’ébranla de nouveau et cette fois ce fût pour emprunter la route Napoléon qui devait nous conduire jusqu’à Gap, lieu de rencontre d’un assez grand nombre de tarlouzes.

CA PASSAIT, C’ETAIT BEAU !...

Cette expression bien connue des motards de notre accabit trouva ce jour là toute sa signification.
Alors que notre petite escadre retrouvait enfin le soleil à l’approche de Gap, un païlote local nous dépassa à très vive allure, manifestant ainsi son plus profond dédain pour la bande de « traîne-la-bite » que nous devions incarner à ses yeux. J’eus le temps d’apercevoir sa plaque (05) et d’identifier son engin. Une suz’ 1000 SV à la poursuite de laquelle se lança presque immédiatement JT33, doté du même destrier et soucieux ainsi de maintenir sa crédibilité… :arme:

Quelques kilomètres et virages plus loin, notre surprise fut quand même assez grande de retrouver notre Agostini local assis dans le fossé, aux côtés de sa machine, les deux ayant nettement moins fière allure que quelques minutes auparavant… :peur:


Plus de peur que de mal mais nous effectuâmes la descente sur Gap avec toute la réserve de gaz que vous inspire ce genre de spectacle…

La générosité et le grand cœur qui nous animent nous firent cependant dire, à l’arrivée, et de façon quasi unanime qu’il « y avait de la pièce » !! (Et, rétrospectivement, on aurait du commencer à désosser le SV en prévision des incidents mécaniques futurs…) DJiPé, tu sais faire le vautour aussi avec les mains ?...

Arrivés à Gap, cette tapette de Totos nous attendait autour d’une bonne « Pièèèère », en compagnie d’un autre équipage de tafioles. Nous citerons en vrac Ruddy l’otarie, Jack-Ouille le plâtrier, Caméléon le camionneur, Firebird Prince des Bizuts, Joe03 le massé-vibrant, Nono la tigresse, et je dois bien en oublier…

Nous ignorions que l’extase allait bientôt nous frapper de plein fouet.

Mais tout se mérite en ce bas monde et il nous fallût tout d’abord faire un arrêt « gastronomique » au Mac-Do local. Une première pour moi lors d’une BOD mais à 14 h 00 dans Gap il nous paraissait difficile de trouver autre chose et la faim nous tenaillait. (Celle du loup. Hein DJiPé !...Le Louuup…)

Finalement le gros avantage du Big mac réside dans le déplacement vers le bas du centre de gravité du motard qui l’avale. Ca te cale sur ta selle et c’est parfait pour attaquer par vent fort. L’inconvénient se trouve quant à lui dans le concombre du centre, dont les relents prédigérés remplacent avantageusement sous ton casque, et pour toute l’après-midi, la senteur « pin des landes » du petit sapin que les caisseux attachent aux rétros.

L’extase vous disais-je donc. Elle arriva enfin et sous la forme du sourire de Ruddy. Donc HENAURME !!

LE ROAD-BOOK DE RUDDY

Nous connaissons tous Ruddy. Cœur gigantesque, grimaces hitchcokiennes, plongeur de génie. Mais qui sait que Ruddy est également aussi à l’aise avec une carte Michelin que Jack-Ouille avec une masse de forgeron ?

Pour ma part je me souvenais de ses talents d’orientation déjà révélés dans des conditions météo de fin de monde, lors de la BOD 06. Mais ce jour là, Ruddy avait décidé de sortir le grand jeu.

Nous empruntâmes des routes, je dirais plutôt des « routelettes », des « routinettes », absolument FA-BU-LEU-SES. Les photos décriront mieux que moi la splendeur des paysages traversés mais le bonheur éclairait maintenant totalement nos visages. Ruddy nous avait concocté un tracé de rois. Et moi qui voulait « bêtement » prendre la route Napoléon…

Ce que firent toutefois Mifink (mi-raisin) et Crystal, lâchement abandonnés à la sortie du Mac Do. (y’a pas de BOD digne de ce nom sans pertes sur le parcours.)

L’excitation montait. Le gîte approchait. La BOD prenait corps. Les poignées de gaz tournaient de plus en plus vite.

Ca sentait enfin la lavande, le thym, le romarin, le rosé et l’arsouille !!!

A suivre...

CHAPITRE 2 – LE PAVILLON D’AURABELLE
Cela aurait pu servir de titre à un roman d’amour. En fait c’était beaucoup mieux que cela. Le nom très charmant du gîte qui allait bientôt accueillir une bonne quarantaine de furieux de la poignée, dissimulait également un endroit aux allures d’hacienda, au centre duquel se trouvait une belle piscine aux eaux smaragdines. (c’est mon côté poète… :oops: )

A notre arrivée, nous vîmes tout de suite une horde rouge et noire, le verre à la main, nous faire de grands signes d’amitié. Nous étions enfin arrivés. (Je dis enfin car dans mon souvenir, certains individus avaient encore trouvé le moyen de se perdre à 500 mètres du but…) :naaa1:

J’ouvre une parenthèse. Quels sont les signes distinctifs d’un (vrai) bodeur ? :chin:

-   Ne sait lire aucun panneau indicateur. Ne sait probablement pas lire du tout d’ailleurs. Raison pour laquelle le bodeur n’emporte jamais de road-books. (Qui sont de plus déjà coloriés. Alors…)
-   Situe Avignon du côté de Perpignan, à l’instinct, et ne situe plus rien au nord de la Loire
-   A perdu sa montre à l’âge de 8 ans dans le jardin de sa Tata Monique. (Et ne l’a jamais retrouvée…)
-   Ne se dirige que toujours tout droit, généralement assez vite et à la question « Mais il était devant toi. Tu ne l’as pas vu tourner ? » répond invariablement : « Ah bon…Fallait tourner ?... » :?:

Ainsi, je me surprends régulièrement à penser que c’est  toujours miraculeux de pouvoir se retrouver ensemble, avant Dimanche, au point de rendez-vous final fixé par les organisateurs. (Qui firent certainement brûler l’ensemble du stock de cierges de la bonne Mère…)

Ce moment de BOD est unique. On savoure. On déguste. On tâte la fermeté du bizut de l’année, on caresse délicatement le postérieur de son voisin de chambrée, on se « hop » joyeusement sur le pré, donnant à cette fin de journée printanière des allures de forêt de Chambord à la période du grand brâme… :hop:

Ces sont des étreintes dont bien des femmes pourraient être jalouses. Entre tafiolles en cuir et tarlouzes casquées. Le démarrage de la fête du slip. Une agitation qui fait de la gay-pride une réunion de séminaristes dépressifs. Et si la procréation entre hommes était un jour rendue possible, il faudrait alors louer le Vélodrome pour tous nous réunir… :hop3:

Au rythme incessant des arrivées, un brouhaha totalement anarchique remplit l’atmosphère, seulement apaisé par les rayons tombants du dernier soleil de la journée. (et de quelques petits nuages qui me laissaient pourtant espérer pouvoir interpréter Figaro, Barbier illustre de son état… :arf:)

...
« Modifié: mer. 27/02/2013 à 18:16 par rudd59 »
       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #257 le: mer. 27/02/2013 à 18:13 »
L’APERO

Au sud de la Loire, c’est LE moment important de la journée. Un peu avant midi et, le soir, parfois dès 16 h 00, il faut impérativement :

-   Cesser toute activité fatigante
-   Ouvrir la bouteille de pastis
-   Saisir un verre, des glaçons et un peu d’eau
-   S’asseoir confortablement et, tout en attrapant d’une main quelques olives ou cacahouètes, de l’autre siroter tranquillement l’élixir de vie.

Au vu du nombre de bouteilles qui s’étalait devant nous, les plus hardis se posèrent tout de même quelques questions. Allait-on être 150 de plus ou s’agissait-il des stocks laissés là de façon très imprudente par le locataire précédent ?

Toujours est-il qu’il y avait de quoi faire boire un bon régiment de légion, de retour d’une campagne en Afrique.

C’était rassurant compte-tenu des conditions météo, très inhabituelles pour nous tous…

Le premier repas est également un moment très important dans le déroulement d’une BOD. Il permet les premiers échanges sur la route empruntée à l’aller, les détours effectués, volontaires ou non, les autres tantouzes rencontrées sur le chemin et, naturellement, enrhumées, le tout ponctué de jurons que la décence m’interdit de reporter ici. (Et je me suis laissé dire que le nouveau modo n’a rien d’un tendre… :peur: )

Mais c’est surtout après le repas que la cohésion s’effectue véritablement. Grâce au pousse- pousse-pousse et re-pousse café, la chaleur se diffuse de l’intérieur vers l’extérieur et les imprudents qui commettent l’erreur d’aller se coucher, prétextant un coup de fatigue, comprennent rapidement qu’ils se sont lourdement fourvoyés…Nous en reparlerons plus loin car la deuxième soirée fut, à ce titre, très marquante…

LE BRIEFING
 
Tout organisateur de BOD le sait très bien. Le briefing est une étape fondamentale dans le déroulement de l’événement, mais hélas, totalement vouée à l’échec. Et les raisons sont multiples.

Si vous vous souvenez bien, un bodeur normalement constitué ne sait pas lire une carte. Même si vous prenez soin de la projeter sur un mur et de la lui commenter avec des signes, comme en maternelle.

Il faut donc mesurer à sa juste valeur l’exploit pédagogique tenté dès Jeudi soir par Pascool et DJiPé dans leur briefing nocturne.

Devant une assistance pour le moins agitée et déjà bien « imprégnée », on nous expliqua, avec le sérieux de l’état-major à la veille du 6 juin 44, comment et par où il fallait rouler le lendemain. Peine perdue.

Le seul mot connu, et reconnu, par un bodeur c’est : ARSOUILLE.

Rien d’autre. Nada. Nothing. Walou. Que couic. Zob©©©.

Nos « instructeurs » pouvaient bien nous vanter les mérites d’un itinéraire par rapport à tel autre, rien n’y faisait. Tout ce que l’assistance réclamait bruyamment, c’était de connaître avec précision les endroits réservés à l’arsouille…Ce qui au demeurant se révéla parfaitement inutile car l’une des autres caractéristique d’un bodeur est d’arsouiller sur toutes les portions de l’itinéraire, à l’exception peut-être de la sortie des écoles, des dispensaires, et des gendarmeries.

Nous en eûmes la parfaite démonstration dès le lendemain matin puisque, à peine franchi le panneau indiquant la sortie de GREOUX LES BAINS, les automobilistes circulant en sens inverse durent légitimement se demander s’ils n’arrivaient pas directement sur la piste des 24 heures pour les essais de qualif’…Et je me souviens très bien qu’il s’agissait d’une portion réservée à « la mise en jambes ». Cela nous avait été rappelé lors du briefing. Mais pour un bodeur un panneau avec un nom barré en rouge ne veut dire qu’une seule chose : GAZZZZZZZZZ !!!

Tout cela pour lancer un message aux prochains organisateurs de BODs ou d’inter-BODs:

-   Faites simple. Une feuille blanche sur laquelle vous inscrivez « Départ : Le gîte. »
      Ne même pas parler du village, personne ne se souvient de son nom.
-   « Arrivée : TRIFOUILLIS LES OIES. France. » (Pour les BODs limitrophes. On ne sait jamais)
-   Vous prenez grand soin d’ajouter la liste de vos portables et vous vous assurez que chaque bodeur qui part le matin n’a pas laissé le sien dans sa chambre. Un portable pour un bodeur c’est comme un Arva pour un skieur hors-piste. L’assurance de rentrer sain et sauf et à bon port le soir venu.

ET RIEN D’AUTRE !!! :rulez:

Pour les quelques bodeurs disciplinés (si si il en existe) vous pouvez, éventuellement, vous risquer à communiquer un morceau de carte un peu plus détaillé. Mais le gros problème avec cette catégorie de bodeurs réside dans leur inaptitude à l’utiliser, une fois qu’ils ont été perdus. Ce qui arrive en général assez vite. (1 à 2 kms seulement après le départ. Voire immédiatement pour certains. J’y reviendrai…)

Non. A la réflexion et l’expérience aidant, seule la formation de deux groupes, distinguant d’un côté les « Instinctifs » et, de l’autre, les « tout électrique » - comprenez sans gaz -, vous permettra de pouvoir déjeuner à l’heure prévue et au milieu de tous.

A L’AUBE DU PREMIER JOUR…

Comme pour certains l’heure du coucher était quasiment identique à l’heure du réveil, la gestion de celui-ci réclama des trésors de diplomatie.

En ce qui me concerne, je fus tiré de mon sommeil par le jeune Fanou et j’entrepris de lui susurrer quelques mots doux à l’oreille, en témoignage de mon affectueuse attention.
Pandorre, probablement jalouse, s’éveilla à son tour et entreprît également ce jeune éphèbe, d’une voix langoureuse. :bisou:

A partir de là je perdis un peu le contrôle de la situation. Mifink (mi-raisin), que Pandorre venait de traiter, pourtant avec amour, de tarlouze, prit à son tour part à l’échange et bientôt une joyeuse pagaille régnait dans la piaule, ponctuée de quelques pets matinaux. C’est à ce moment précis que je pris soin de consulter ma montre qui m’indiquait…5 h 30. Et non 6 h 30 comme je venais de le dire à Pandorre-la-grosse-tafiolle. :naaa1:

Nadine, ravie d’apprendre la nouvelle, nous le fît savoir avec grâce… :grr:

Jack-Ouille aussi. Mais peut-être avec un peu moins de grâce… :massues:

La pression montait. Le départ pour la première journée approchait…


CHAPITRE 3 – VINON SUR LEDENON

Pourquoi ce titre ? Vous ne tarderez pas à en comprendre la signification, si ce n’est pas déjà fait…

Aaaaah…La Provence…Comme je le disais plus haut, ce coin de France assez unique a inspiré les plus grands. De Cézanne à Chagall, de Giono à Pagnol, de Bardot à Siffredi, les plus grands artistes sont venus chercher là l’inspiration et, pour certains seulement, le génie.

Il faut dire aussi que de la même façon qu’un grand chef aura du mal à cuisiner avec des casseroles rouillées, le peintre, le poète ou l’écrivain ne pourront pas taquiner la muse en face de murs en béton et de vieilles carcasses. Il leur faut un cadre exceptionnel, une nature exubérante, des senteurs à nulles autres pareilles, des paysages à couper le souffle.

C’est bien ce que proposait le programme de la BOD cette année.

J’ai bien peur hélas que pour beaucoup d’entre nous, ces panoramas se soient limités à l’observation du feu stop du bodeur situé immédiatement devant soi, pour guetter la moindre hésitation et pouvoir ainsi faire les freins à cette énorme lopette dans le prochain virage…

Il nous restera heureusement les photos pour nous aider à nous souvenir qu’effectivement la nature était belle…

Le départ pour la première ballade est toujours source de fébrilité.
Le bodeur s’interroge sans cesse sur le choix de ses équipements. Il se prépare en grand compétiteur qu’il est, connaissant parfaitement l’enjeu de la journée, à savoir la conservation de sa place dans le peloton de tête et en sachant que le plateau risque d’être très relevé cette année. Il redoute l’arrivée des nouveaux, toujours difficiles à évaluer durant le seul repas de la veille et qui peuvent parfaitement avoir très bien caché leur jeu avant la première arsouille. Enfin avant les premiers 500 mètres.

Tout le secret consiste alors dans l’apparence d’une sérénité contenue, toutefois troublée par une peur indicible mais aussi chez certains, en ce Vendredi matin, par les effets secondaires de la prune de Joe03…

Les filles, pour une fois, firent preuve d’une assez grande discipline, aidées il est vrai en cela par un choix toutefois beaucoup plus réduit qu’à l’ordinaire de tenues vestimentaires. Vive le cuir !

Au signal, la meute s’élança dans le chemin, soulevant des nuages de poussière dignes des meilleurs westerns spaghettis.

A l’exception toutefois de deux bodeurs.

Car, et c’est une autre caractéristique fondamentale de toute BOD qui se respecte : On ne compte JAMAIS les bodeurs. Pourquoi me direz vous ? J’avoue l’ignorer totalement.

Toujours est-il que Mantrix et Caméléon ne s’aperçurent pas du départ, probablement occupés à ce moment précis à des tâches mécaniques certainement très nobles mais totalement incompréhensibles par la plupart d’entre nous. Réglage de suspensions, de carburation, de fourche peut-être…Sur quelle moto ? Les deux ? possible. Sur le Vito ? Possible aussi. A moins qu’ils n’aient débattu à cet instant précis de leur dernière session à Carole ou de la prochaine moto de Mantrix (le VFR de Cam’ ?)…Allez savoir…

Toujours est-il que personne ne s’aperçut de leur absence jusqu’au point prévu pour la pause, situé malgré tout à une bonne cinquantaine de kilomètres.

Indépendamment de l’égarement habituel de certains d’entre nous, il existe deux autres facteurs de retard possibles :

-   L’incident mécanique
-   La gamelle

En ce beau matin, nous eûmes droit aux deux. Ce qui est rarissime dans l’histoire d’une BOD et mérite ainsi qu’on s’y attarde quelque peu.

Le premier incident mécanique eut lieu dans le montée nous conduisant au belvédère de la route des crêtes. Sublime soit dit en passant. Quel belvédère ?...Ah oui j’oubliais. Photo n°12569…

Crystal5, chevauchant un Big de belle facture, connaissait un problème de refroidissement que lui signalait Joe03 avec force gestes. Arrêt de la colonne qui de toute façon avait déjà été réduite dans son volume puisqu’un certain nombre « d’instinctifs » avaient pris le large.

Leçon n° 1 : Si tu as une moto à problèmes, ne reste jamais à l’arrière ou tu finiras dévoré par les loups, dans d’atroces souffrances. (Hein DJiPé les louuups…)

Fort heureusement pour Crystal, nous étions malgré tout assez nombreux….pour le regarder tenter de résoudre sa panne. C’est aussi comme ça qu’on reconnaît les bodeurs. Nuls en mécanique mais de bonne volonté. Heureusement Joe03, dont la barbe blanche trahissait une solide expérience, sut rassurer l’infortuné Crystal qui se demandait bien, comme nous tous, comment une Big, un CB 1.000, la moto du mythe, pourrait bien le lâcher dans un moment aussi crucial….

Arrivés au belvédère l’ambiance était joyeuse, comme d’habitude. Les « instinctifs » étaient là depuis longtemps et prenaient le soleil comme des lézards, ne trahissant aucune inquiétude, ce qui démontre bien que tant que la nuit n’est pas tombée, le bodeur égaré ou en panne n’a absolument aucune chance de voir arriver les secours.


LA GAMELLE DU JOUR

Une BOD sans gamelle est hélas aussi rare qu’une valise sans poignées.

Le gagnant du jour fut le solide Firebird. Ce garçon, bizut attitré de Frankie, nous avait déjà révélé la veille ses grandes qualités de chef de bande et nous fondions sur lui de très solides espoirs pour la soirée de Samedi.

Alors que nous descendions sur Castellane pour aller déjeuner, une nouvelle et énième arsouille éclata en tête. Firebird, au pilotage puissant et volontaire, entreprit de démontrer aux vieux bodeurs toute sa science motocycliste.

Ce fut un cycliste qui le découvrit, un peu en vrac, dans l’un des nombreux lacets de la descente. Heureusement, l’homme est solide et la moto aussi. J’avoue même ne pas avoir saisi la chute immédiatement car je m’étais arrêté pour répondre à l ‘appel de la nature et lorsque j’arrivai sur les lieux de « l’accident » je m’étonnai simplement du lieu choisi pour la « pause », en plein virage aveugle…
C’est aussi ça un bodeur. Un motard discipliné qui s’arrête même s’il ne sait pas pourquoi et n’importe où de préférence…

Le trajet jusqu’à Castellane se poursuivit sans autre incident mais à un rythme soutenu…

A suivre…

« Modifié: mer. 27/02/2013 à 18:17 par rudd59 »
       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #258 le: mer. 27/02/2013 à 18:14 »
Castellane ferme la vallée encaissée du Verdon et présentait jusqu’à une époque assez récente, la particularité d’abriter l’Ashram d’un mégalomane complet, Gilbert BOURDIN. (Et son fameux et hideux Mandarom) Fort heureusement, la population locale, lassée de ce délirant voisinage, a pu faire démanteler l’ensemble. :massues:

C’est donc dans cette charmante bourgade, redevenue totalement provençale, que notre BOD décida de s’arrêter pour déjeuner. :miam:

La place de ce joli village s’était donnée des airs de salon de la moto. On y trouvait à peu de choses près, toute la production japonaise, européenne et même américaine, contemporaine mais aussi plus ancienne. (Norton, Triumph…)

On remarqua même la présence de scooters pilotés par des perroquets géants, ou des centurions de la 2ème manipule du 1er régiment. Je ne sais plus trop.

La daube provençale glissa ma foi fort bien, aidée en cela par un petit rosé très frais et tout à fait bienvenu. :beer:

Mais une BOD étant une perpétuelle course contre le temps, il nous fallut bien vite remonter en selle pour la deuxième partie du parcours, à savoir les gorges du Verdon par la rive gauche.
(Le matin, rive droite. L’après-midi rive gauche !! Tout le monde a compris ?...):wink: :rulez:

Pour ma part je fis, tout comme  Franky la frange qui me le glissa à l’oreille aux stands de l’Artuby, une découverte intéressante à partir de cet instant, car j’ignorais jusque là la construction d’un tout nouveau, et magnifique circuit, dédié à la vitesse, sur les rives de cette belle rivière. Nous l’empruntâmes dès notre sortie de Castellane, enchaînant courbe sur courbe, concentrés comme de vrais païlotes, et rythmés par les « VROOOOAPP » rageurs d’une quarantaine d’échappements plus ou moins homologués… :up:

Ce circuit, vraiment magnifique (vous verriez le soin apporté aux décors et aux tribunes. Ils ont charrié des tonnes de vieilles pierres, construit des vraies-fausses falaises gigantesques, des maisons typiques de la région…Pfiouuu un sacré boulot. Bravo à l’archi !) ce circuit disais-je donc, ne présente, selon moi, qu’un inconvénient majeur, dont il va bien falloir entretenir le ou les propriétaires : Il est curieusement ouvert aux cyclistes et aux camping-cars.

Pour les camping-cars je peux essayer de comprendre en me disant qu’il s’agissait sans nul doute des camions d’assistance d’autre païlotes, plus fortunés et/ou mieux organisés que nous.

Mais pour les cyclistes, non, vraiment je ne vois pas. Même chargés comme des mules à l’EPO, ils ne vont quand même pas s’imaginer pouvoir nous la faire à l’intox, dans les pifs-pafs ou au freinage !!...Même en descente… :wiggle:

Je compte sur nos organisateurs pour faire leur enquête et signaler cela aux commissaires de piste. (J’en ai d’ailleurs vu pas mal sur le tracé, leur pace-car garé à côté d’eux. Bizarre décidément… Au Castellet, ce n’est pas du tout comme ça…Aahhh…Mais c’est vrai, c’est un Anglais qui est propriétaire. D’accord…)

LE BOD-CIRCUS

Dans notre « cirque » Bodien, nous avons au bas mot 40 clowns, un tigre – acquis tout récemment et pas encore totalement dompté par Nono -, mais ce qui fait le grand succès de nos représentations, et le bonheur des petits comme des grands, ce sont les prestations de Karlito l’équilibriste. Assis, puis debout, et prochainement sans les mains et sans les pieds, il régale l’assistance de ses prouesses réalisées, faut-il vous le rappeler, sans aucun trucage !!

Oui, mesdames et messieurs !!! Vous voulez trembler. Vous voulez rire. Alors n’hésitez plus!!  Rejoignez nous ce soir pour l’unique représentation du cirque BOD !!

(Musique de crique….Tatatalalalalère…tatalalalalalère….)

Vous tenterez d’apercevoir SEBMASTER, l’homme invisible et ses mystères…(Une prime exceptionnelle sera offerte à tout spectateur qui réussira à lui toucher le c…uir)
Vous applaudirez CAMELEON, l’homme-singe !!...
Vous tremblerez devant TIGROU, fauve sanguinaire tout droit sorti du zoo de Londres, et dompté par le grand Nono !!! (Unique en Europe. Sans cage, sans fouet. Tout au GPS !!)
Vous rirez à gorge dépoilée…non pardon déployée, aux blagues de DJiPé, Riton, Pascool, JLG, Ln et leurs 40 clowns, les CHICO-BOD’S !!!
Et enfin vous resterez sans voix devant les cascades du jeune KARLITO, tout droit venu de son Gamelistan natal!!!

ET A LA FIN DE CHAQUE REPRESENTATION UN SPECTATEUR SERA TIRE… AU SORT !!!

(enfin hopé quoi…)
:hop:

APPROCHEZ MESDAMES ET MESSIEURS !!! APPROCHEZ !!!

Bon.
Ok.
Là je délire un peu.

Mais avouez que nous ne sommes pas très loin de la vérité non ?...

Que dire du retour vers le gîte ?

Rien.

Les 15 kilomètres qui séparent RIEZ de GREOUX LES BAINS furent avalés en 3’56 ‘’ par les plus lents. Mais c’est assez logique. C’est la portion la plus roulante du circuit. Avec moins de vélos.

Je me souviens très bien avoir enrhumé Big85, sur son oignon italien, en bout de ligne droite. :sifflene: :sifflene:

La deuxième soirée au pavillon d’Aurabelle allait pouvoir tenir toutes ses promesses.



Nos arrivées au pavillon furent échelonnées mais, globalement, aucun retardataire d’importance ne fut à signaler.

Il faut bien reconnaître que l’attrait de la piscine jouait un rôle non négligeable dans la motivation de chacun à la rejoindre. C’était particulièrement vrai pour nos camarades de Ch’Nord qui, en habitués des mers froides, éprouvaient, dans les 18°c de l’eau provençale, une béatitude proche de celle procurée par les rivages de l’océan Indien. (Océan à ne pas confondre avec la baignoire de Cow-Cheez):lol:

Le plus remarquable nageur était en fait un plongeur. Ruddy, à lui seul, donnait à la surface de l’eau l’apparence de la mer, lors des équinoxes, entre l’île de Sein et Molène. Le propriétaire du gîte, quant à lui, qui observait, pensif, ces exploits aquatiques, réfléchissait sérieusement à l’installation d’une station de pompage entre son bassin et le Verdon, pour ne pas faire de sa prochaine facture d’eau un document à l’épaisseur du dictionnaire encyclopédique. :lire:

Les filles, de leur côté,  s’offraient à nos yeux , telles des nymphes, délicieusement allongées sur le sol, parées d’un raffinement vestimentaire assez exceptionnel compte-tenu du manque criant de valises dont elles avaient du se satisfaire, et papotant à loisir en contemplant, émerveillées, nos silhouettes d’Apollons… :vacances:

Dans la salle à manger, transformée pour l’occasion en salle de cinéma, les païlotes assistaient, studieux, au débriefing de leurs exploits, filmés en caméra embarquée par Totos, Philgood et Zem. Bien entendu, il était difficile, pour un œil non exercé, de savoir qui avait, ou n’avait pas un pilotage de « tarlouze », car chacun prétendait avec assurance détenir la science absolue du passage en courbe en apnée ou du freinage de mort-vivant. Et, plus l’heure avançait, plus le nombre de bouteilles vides témoignait d’un manque d’objectivité grandissant… :ivre: :hips1: :hips01:

A l’heure du dîner, et le classement de la journée définitivement établi – hormis quelques contestations pour la 3ème place – nous prîmes toutes et tous place le long d’une table qui me parût n’avoir aucune extrémité.

Les organisateurs, dans leur grande sagesse, et pour éviter une nouvelle arsouille, appelèrent les convives à se diriger vers l’aïoli par groupes de 5. :grogro001:

Un banquet de bodeurs c’est beau comme l’antique. C’est surtout semblable en tous points à ceux qui ont bercé notre jeunesse, si bien dépeints par l’immense Uderzo, à la fin de chacune des  aventures de notre petit guerrier gaulois préféré. Et si Mantrix n’a pas été attaché et baîlloné, cela ne relève pour lui que d’un miraculeux concours de circonstances. :mpff:

Joe03 repassa une nouvelle fois dans les rangs pour proposer aux hésitants de la veille une rasade de son eau de Vichy, excellente et fruitée mais très diurétique…Hein Jb…

D’autres breuvages, tout aussi puissants, firent d’ailleurs leur apparition. J’ai le souvenir d’une poire, offerte par le couple Dadarere, et qui valait également le détour…

Au fil des heures, les premières victimes tombèrent au champ d’honneur et regagnèrent, dignement, leur matelas. Ce fut, hélas pour elles, une décision tout à fait malheureuse car les « survivants » entreprirent alors de faire le tour des chambres, en faisant de leur chenille une créature dotée d’un puissant klaxon, et d’un pot d’échappement à multiples sorties…A l’entrée du bestiau dans chacun des dortoirs, l’épouvante put se lire sur de nombreux visages. Un jeune reporter, plus hardi que la moyenne, eut ainsi la chance et l’opportunité de saisir ces instants de terreur nocturne. (dont hélas ni le son ni l’odeur ne purent toutefois être reproduits) :fete:

Je rappellerai ici au lecteur que le matin même deux énergumènes firent un tour de chant et de chambres, dans lequel il fut largement question de deux pauvres bêtes qui s’aimaient au loin, dans le petit matin et que l’on entendait, paraît-il, crier leur joie….Ha hou !!! Ha hou !! Ha hou !!

Le marchand de sable (et de graviers) finit malgré tout par passer, emportant l’ensemble de la BOD au pays merveilleux des virages sans fin et des courbes plus belles que celles de Monica Bellucci. (Enfin si j’avais à choisir…) :dame:

Cocorico !!!

Non là j’invente totalement. Aucun coq ne chanta à l’aube du 2ème jour, mais cela n’avait que peu d’importance dans la mesure où son chant aurait de toute façon été couvert par le bruit régulier des nombreuses machines à bois, mises en route depuis quelques heures dans l’ensemble de la propriété. :dodo2:

Certains d’entre nous entendaient également très bien, dans le petit jour, galoper les grands bisons de l’ouest américain cher à Cow-Cheez. Mais là, en revanche, il s’agissait d’un vacarme très individualisé et non perceptible par leurs autres voisins de chambre. :waza:

Le briefing de la veille, en tous points identiques au précédent, mais comptant peut-être plus de loups et d’aigles, nous avait permis d’imaginer un tracé des plus sportifs qui nous conduirait, en point d’orgues, sur l’une des plages de la célèbre Ramatuelle. :soleil:

Toutefois l’événement marquant de ce début de matinée fut l’arrivée de deux big, à savoir « BURN » et « LEU ».

Le premier nous arrivait tout droit de son île de beauté(s), le sourire ravageur et les pneus déjà bouillants. :up:

Le second débouchait tout droit du pays des marmottes et des vaches mauves, jovial comme à l’accoutumée et prêt à hoper du bizut par paquets de douze. :hop:

Je tentais alors de compter les motos et j’arrivai au chiffre de 39 ce qui me plongeait dans la perplexité la plus totale…Combien serions nous à la plage pour déjeuner ? Et combien rentreraient le soir venu ? :chin:

A suivre…

« Modifié: mer. 27/02/2013 à 18:18 par rudd59 »
       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #259 le: mer. 27/02/2013 à 18:14 »
(Quelqu’un a t-il remarqué que j’ai paumé les chapitres…Pas grave. Quand je vous dis que les bodeurs ont de la peine avec la lecture…) :naaa1:

Et c’est dans un nouveau, et gigantesque, nuage de poussière que la BOD s’ébranla (attention aux accents) pour la deuxième journée d’arsoui…pardon de ballade et de découverte touristique.

La traversée de GREOUX LES BAINS, avec près de 40 machines, eut comme un air de manif de la FFMC, ce qui n’était pas sans réjouir chacun de nous sous son casque. :arme:

Puis ce fut la première bifurcation, encore ordonnée, pour prendre la direction d’ESPARRON SUR VERDON. Et, sur cette petite route qui serpente dans la colline, je me plaçai – volontairement – en fin de colonne pour profiter du spectacle des bécanes, à la queue leu leu – tiens ça me rappelle quelque chose – dans les lacets. Rien que pour ça, une BOD c’est beau.:love:

Cela n’allait hélas pas durer très longtemps car en tête, un petit groupe d’instinctifs commençait à se rassembler en vue d’une explication virile. Mais correcte. :massues:

LES INSTINCTIFS
Il faut, à ce stade de mon récit, que je m’arrête – eux le font rarement – et vous les présente un peu :

-   DJiPé : Elevé par une famille de loups et d’aigles qui lui ont enseigné la science de l’apnée (des loups-bars) et de la glisse, le poignet droit pris de tremblements convulsifs à la moindre courbe, c’est sans aucun doute leur chef ;
-   Frankie dit « Le frangé » : Faisait déjà pencher sa poussette pendant les promenades dominicales lorsqu’il n’avait encore qu’une toute petite houppette blonde. Vendra sa moto à 80.000 bornes, avec plaquettes d’origine, à peine rôdées ;
-   Bigburn : Peut-être le plus redoutable de tous. Roule sur des pneus fabriqués chez Haribo. Pourrait s’appeler « Touche-Partout ». A ne tenter de suivre sous aucun prétexte. Ou alors seulement après 3 bons verres de « murtrhe » ;
-   Karlito : C’est l’artiste. Le funambule de la troupe. Petit, avait scié les roues avant de son landeau, racheté par ses parents à ceux de Frankie, en déclarant à son père que de toute façon ça ne servait à rien.
-   Zem : Le plus « ancien » de la bande. Autrefois sans concurrent direct et qui doit maintenant se cracher dans les gants à chaque sortie de village. Mais attention, jamais à moins de 10 mètres des premiers ;
-   Totos : Un cas. Adepte de la « nono-attitude » il y a encore 2 ans à peine, il est devenu depuis un des plus furieux de la troupe. Circule sur un panzer à pneus d’un genre nouveau;
-   Philgood : C’est le mutant du groupe. Comme ses machines il n’ingurgite que des breuvages à haut pouvoir détonant et le vacarme qu’il produit terrorise littéralement ses proies ;
-   Bigleu : D’apparence très calme, cet instinctif là possède un style coulé et d’une rare efficacité. Le genre à s’allumer une clope dans une courbe, à fond de 5, trouvant que décidément ça se traîne gravement la bite devant…

Les instinctifs, une fois leur casque sur la tête, n’ont plus qu’une idée en tête : Ridiculiser celui qui les précède en le dépassant de préférence à fond, sur un 1/50ème de la surface de leurs pneus, et en levant distinctement le majeur de leur main droite pendant l’opération…

Puis, ils apprécient de se rassembler, de préférence n’importe où, pour jauger d’un seul regard l’état d’énervement de tous ceux qu’ils auront pu ainsi amicalement saluer. (Leur chef ponctuant invariablement cet arrêt d’un « Y’A PAS BONHEUR LA ?!!! » qui attendrirait certainement le plus féroce des agents de la force publique)

La vérité historique me conduit à vous dire que d’autres éléments, très prometteurs, n’espéraient qu’une chose : rejoindre au plus vite cette poignée de grands malades.

Hélas la plupart d’entre eux avait commis l’erreur qu’aucun instinctif ne commet jamais : Faire monter Madame derrière. :blop:

Polo, dadarere, hm, thisa06 et evil étaient dans ce cas. Même si par moments, leur mimine droite  n’y tenant plus, on voyait très nettement leurs passagères se cramponner avec toute l’énergie du désespoir, évitant ainsi de flotter au vent comme les nappes de la Mère Denis…

La route de la plage était encore longue. Mais qu’elle était belle…

A suivre…

Normalement pour aller à la plage c’est assez simple. On se contente de prendre la roue d’un camping-car de hollandais ou de belges et on se laisse aller, en pensant déjà au bruit des vagues et des enfants qui jouent dans l’eau en vous aspergeant au passage… :naaa1:

C’est assez simple quand on ne fait pas partie d’une BOD. Parce que dans ce cas précis, les choses ont tendance à se compliquer un peu. :chin:

Prenez un point de départ A, que vous avez pris soin de communiquer à une quarantaine de blousons noirs, au moins 3 mois avant le départ. :rulez:

Prenez un point d’arrivée B. En l’occurence une plage. Et pas n’importe laquelle encore. Celle voisine de la célèbre Madrague, occupée à l’année par LA Bardot. Le genre d’endroit que le plus petit enfant du coin saura vous indiquer du premier coup, avec une délicieuse pointe d’accent.

Corsez le tout en choisissant un point de regroupement situé à mi-parcours, mais en le signalant toutefois clairement sur le road-book. Vous savez le road-book. Le document plein de jolis dessins qu’on n’imprime jamais… :rulez:

Ajoutez enfin la présence, non pas d’une voiture d’accompagnateurs comme la veille, mais de 2 véhicules. Ce sera plus drôle.

Disposez d’ailleurs le repas de midi dans l’une des voitures mais, en homme averti que vous êtes, prenez la précaution de placer le pain et l’eau dans l’autre voiture. On ne sait jamais… :miam:

Et comme vous avez pris soin de bien vérifier que le conducteur de la voiture la plus « chargée » sait parfaitement ce qu’il doit faire, enfilez votre casque, votre blouson et vos gants, le cœur léger, certain que la journée qui s’annonce sera radieuse comme celle de la veille ! :fete:

Dès les premiers kilomètres, les plus expérimentés d’entre nous comprirent assez vite que l’ensemble de la journée serait disons, « difficile »…

En effet, si en tête de la course, les instinctifs semblaient tout à fait prêts à en découdre dès les tout premiers kilomètres, le reste de la colonne prit assez vite l’allure d’un élastique de string, posé sur la taille sylphide de Maïté… Bref ça s’allongeait gravement…

Plusieurs explications peuvent être aujourd’hui avancées :

-   La prise de conscience par un certain nombre d’entre nous (les « non-instinctifs ») que les places de tête ne pourraient être contestées à leurs occupants qu’au prix d’une prise de risque qui ferait d’un pilote de F1 aveugle, en comparaison, un homme sensé…  :sifflene:
-   La beauté des paysages traversés. Si si. Pas pour le plus grand nombre mais pour quelques esthètes… 8)
-   Pour certains, la difficulté de faire taire la fanfare présente dans leur crâne depuis le réveil, et dont l’ensemble des virtuoses semblait avoir apprécié la veille, la « prune de Vichy » et autres spécialités locales… :ivre:

Bref, plusieurs petits groupes s’étaient formés et 3 motards allemands purent d’ailleurs les voir passer successivement, plus ou moins vite…
 :naaa1:
Ce qui devait arriver arriva puisque, dès le point de halte prévue enfin atteint, il fallut tout d’abord revenir en arrière pour récupérer un groupe d’attardés sur le point de se perdre à tout jamais, avant de constater, la mort dans l’âme, que 4 ou 5 bodeurs manquaient malgré tout à l’appel. Qui les avait vus le dernier ? Silence. Qui composait le groupe ? Re-silence. On avançait bien quelques noms…Non je ne citerai personne…
 :sifflene:
La Bod c’est comme la retraite de Russie. Il ne faut JAMAIS, mais alors jamais, être isolé à l’arrière. Surtout au pays des loups…Vous savez les louuuups….

Cela étant, l’expérience aidant, les organisateurs ne se firent plus de souci très longtemps, prenant en ligne de compte le fait qu’un bodeur égaré retrouve toujours son chemin, fut-ce au prix de tous les sacrifices. Et comme dans le cas présent, il s’agissait d’un groupe entier, il y avait de bonnes raisons d’espérer les retrouver directement à la plage.

Ahhhh…La plage. Elle nous tendait maintenant les bras. Au terme d’une dernière arsouille d’une rare virulence – Bigburn n’ayant pas traversé la mer pour tricoter des chaussettes – nous pûmes enfin poser les motos et prendre le petit sentier qui nous conduisait au sable fin et à l’eau claire…mais gelée….

Les premiers éléments étaient déjà en tenue de bain et, pour une fois, les consignes avaient été suivies. Les maillots de bain fleurissaient au bord de l’eau, révélant à d’assez nombreux touristes, les corps musclés et puissants des 50 bodeurs.

C’était le rêve.

Jusqu’aux premiers gargouillis intimes qui indiquèrent à toutes et à tous, plus sûrement qu’une Omega Chronomaster, que l’heure du repas avait sonné !! :arf:

A cet instant, il va falloir que j’use d’artifices littéraires pour vous aider à percevoir toute l’intensité dramatique des instants que nous allions vivre.

Je réclame le silence le plus total. Entendez vous hurler le coyote affamé, au fond du canyon ?...Saisissez vous parfaitement l’effroi qui put se lire sur chaque visage lorsque Pascool et Ln, avec un certain courage, prirent la décision d’annoncer que les cantines contenant le repas, et, bien plus grave encore, le vin, étaient perdues, avec la voiture de Raf, son conducteur et le fils de celui-ci ?... :peur:

Les plus pessimistes émirent immédiatement l’hypothèse que Raf, pris d’un soudain coup de sang, s’était arrêté dans une pinède pour dévorer l’intégralité du contenu des deux cantines, soit, à lui seul, 50 paniers repas, autant de Mars et de « Pom’potes », tout en avalant 5 litres d’un rosé délicieux et frappé à point… :miam:
Je n’osais, pour ma part, imaginer cette scène, dont l’horreur aurait renvoyé « La grande bouffe » à un rôle de simple documentaire sur l’anorexie et ses terribles méfaits.

Mais, plus l’heure avançait, plus le drame qui se jouait sur cette plage prenait corps.

Des regards dérobés se portèrent sur les formes rebondies d’un ou deux bizuts, qui, commençant à trouver l’atmosphère étouffante, firent observer que sans garniture pour mettre autour, ils se révéleraient sans doute bien fades.  :wiggle:

Toutes les solutions devaient pourtant être envisagées. Finalement il fut sagement décidé de partir à la recherche de la Rafmobile, et donc de son contenu.

Qu’allait il advenir de nous ?... :peur:

A suivre…

       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #260 le: mer. 27/02/2013 à 18:16 »
A TABLE !!! :miam:

Lorsque Raf, son fils et le précieux contenu de leur voiture refirent enfin leur apparition, toutes les douleurs ressenties jusque là s'effacèrent d'un seul coup.

Seul un gendarme un peu bougon s'agitait encore dans ses bottes en tenant des propos sonores et appuyés, où il était question, je crois, du sens de la vie, des boussoles, des cartes de France - coupures sud-est - de l'exactitude, de la précision et du cirage noir...Enfin je cite tout ça de mémoire...:lol:

Rapidement l'organisation sans failles dont nous savions toutes et tous faire preuve depuis 48 heures, prît implacablement le dessus.

Le rosé coulait du cubi dans les verres, et des verres dans les gosiers, comme une cascade de printemps, à la fonte des neiges...:boire:

Les estomacs s'emplissaient. Les coeurs battaient à l'unisson de plaisir. La plage nous regardait, que dis-je nous enviait, et dans ce coin du monde c'est assez rare pour être souligné tant les gens semblent heureux dans ce paradis terrestre... :vacances:

Seul l'horaire de la journée commençait à prendre de l'embonpoint...Mais une bod qui commence et finit à l'heure n'est pas une bod. C'est un colloque sur l'histoire comparée des mérovingiens et de l'art tribal des populations d'asie mineure au 7ème siècle... :cut:

Une splendide Big orange nous rendit visite. Son propriétaire, qui doit certainement vivre en chambre stérile, assis sur des barils entiers de Vigor puissance ammoniacale, avait un peu honte, parait-il, de l'état de propreté de son engin...:lol:

Et après on me dit que les sudistes ne galèjent jamais...:ptdr:

Quand il vit les nôtres, je vis bien dans son regard toute la détresse que lui inspirait ce spectacle...Mais comme notre homme était à la fois poli et gentil il n'en fit aucunement la remarque, préférant ne plus contempler que sa machine en bénissant le ciel de ne pas l'avoir incité à s'inscrire à ce rassemblement de clochards motorisés...:prayn:

Mais nous ne pouvions davantage vanter les mérites de l'huile de coude et du savon de Marseille car LA route nous attendait...:up:

Et certains d'entre nous avaient déjà des comptes à régler depuis la veille...:boxe2:

Les pneus étaient chauds, les pilotes je n'en parle même pas, et nous avions seulement 30 mns pour faire 120 kms...La bod en somme...Normal...Fallait juste pas mollir. Certains loups étant plus affamés que d'autres dans le coin. La nouvelle lune sans doute.


(A suivre)

:bisou:


REGLEMENTS DE COMPTE ET AUTRES ARSOUILLES…


Pour les instinctifs :up: :arme:, la fin de la journée s’annonçait chargée. Les premières passes d’arme de la matinée avaient laissé quelques regrets ou remords et, exception faite du fier (et Corse) Bigburn, qui avait, en quelques kilomètres seulement, marqué son territoire et fait perdre tout espoir pour la première place du podium à l’ensemble de la meute, il restait les places d’honneur à défendre… :boxe2:

Plusieurs prétendants enfilaient leur casque et leurs gants avec application. Parmi eux Djipé, Franky la Frange, Bigleu, Zembla, Karlito, Hm, Polo (dans la catégorie couples) faisaient déjà figures de favoris.

Les 30 premiers kilomètres ne permirent cependant pas un lâcher de fauves (et de loups) massif. Trop de petites routes sinueuses et d’agglomérations. Il avait bien été question ensuite d’une superbe portion d’arsouille, lors du briefing de la veille, mais comme le road-book trônait, dans la plupart des cas, au fond des sacoches, entre les restes de midi, le maillot de bain et la serviette, quelques erreurs directionnelles furent assez rapidement – et logiquement – commises par la meute. :rulez:

A l’approche de Draguignan la route s’élargit toutefois soudainement et, de mémoire de gendarme local, on n’avait pas vu depuis longtemps un tel spectacle.

Comme dans les meilleurs peplums, lorsque les chars abordent le premier virage en épingle du grand cirque Maxime, plusieurs pilotes se présentèrent de front dans les premières courbes dessinées par le circ…la départementale.

Les bons auteurs motocyclistes ont coutume de prêter à tous ceux qui usent, voire abusent, de l’usage des freins, un comportement que seuls les disciples d’Aristote se plaisaient à suivre, en faisant virevolter avec grâce, dans leurs ébats, leurs petites jupettes blanches… :ymca:

De ce fait, aucun des instinctifs de tête ne voulant le soir même se voir comparer à ce qu’il convient de qualifier, d’une manière contemporaine, de grosse lopette, les poignées de gaz étaient soumises à de fortes torsions et les aiguilles des compteurs indiquaient dangereusement la direction des fossés…

Derrière, c’était très différent. On prenait son temps. On rêvassait. C’était la Bod. La vraie de vraie, celle que tout un être attend pendant un an. Celle qu’on imagine, qu’on vit cent fois avant le grand jour. Celle qui hante les nuits précédant le départ. Celle qui vous fait – presque - oublier femme, enfants, belle-mère, chat, chien, percepteur…(Enfin, pour ceux qui s’y rendent sans leurs femmes…):lol:

L’arrivée dans Draguignan permit toutefois de rassembler tout le monde, les instinctifs ayant eu beaucoup de mal à se départager, ce qui allait bien entendu alimenter abondamment la soirée…

Nous reussîmes l’exploit de traverser au moins 5 feux sans « rupture » de bodeurs. Hélas, notre sens inné du déplacement en groupe produisit rapidement ses effets et c’est avec une certaine grâce, avouons le, que la Bod se scinda dans cette belle ville, à 30 à l’heure,sans heurts, sans cris et sans problèmes…
Les plus disciplinés avaient un vague idée de la direction à suivre. Tous les autres se contentaient se suivre docilement celui qui précédait, lequel regrettant soudain amèrement d’avoir enterré son road-book sur la plage. (Sans doute pour amuser les filles…) :oops:

La colonne dans laquelle je me trouvai se considéra définitivement perdue devant un charmant estaminet qui nous offrait sa terrasse et ses breuvages glaçés. :beer:

Là, comme un seul homme, sortirent de leur gangue de cuir un nombre incalculable de téléphones portables qui, théoriquement, devaient permettre de rapides retrouvailles mais dont, en fait, les propriétaires s’échangeaient seulement d’interminables : « Mais toi t’es où ?...Bon. Parce que nous on est là…Ouais. Mais nous on a pris à droite. Et vous ?...A gauche ?...Ah ouais…Ben j’sais pas…C’est quoi la direction ?...T’es sûr ?...Attends j’appelle Fanou…Ouais. Et je te rappelle. Ok toi t’appelle Franky…On se rappelle…OK »

Les plus philosophes – assis d’ailleurs à la terrasse du cercle éponyme – savouraient déjà une bière glacée, ayant en tête que personne n’avait jamais été perdu totalement lors d’une Bod, sauf peut-être l’infortuné Caméléon et le malheureux JLG.

A suivre...




(Suite...)

Nous quittâmes à regrets la terrasse ombragée du cercle des Philosophes, où des breuvages très frais nous avaient été servis avec le sourire, ce qui, compte-tenu de la pagaille que nous avions mise dans cet endroit, relevait du pur miracle...:lol:

La BOD était donc divisée. Personne ne savait d'ailleurs exactement combien de groupes, voire de sous-groupes, s'étaient (dé)formés. Dans ces instants, seule la présence rassurante de plusieurs des organisateurs dans le mien était réellement de nature à me réconforter...:peur:

Sortir de Draguignan ne fut pas un réel problème.

Par contre, ne pas se faire distancer par le bodeur vous précédant fut rapidement un vrai défi aux lois de la physique. :dingue: :drapblanc:

Probablement dopés par quelques centilitres de bière fraîche, les pilotes s'employaient à prendre l'ascendant sur celui situé immédiatement devant et je dois avouer que même votre serviteur, pourtant si calme et posé en temps normal, se prît au jeu, ne concentrant ses efforts que sur deux grosses tafioles, à savoir BIGOU et sa machine à spaghetti, et JLG, sur son "Hornet" 1000 !!! :up: :up:

La vérité historique me commande d'avouer que l'un et l'autre finirent par me faire les freins, assez lâchement d'ailleurs, comme vous pouvez l'imaginer... :naaa1:

Devant c'était comment dire...Différent...:lol:

De freins il n'était plus vraiment question et le seul câble soumis à des torsions indignes des conventions de Genève, était celui des gazs, ouverts en plus que très grand... :oops:

Peu de temps après :lol: nous retrouvâmes une partie de la Bod, paisiblement installée à la terrasse d'un café d'Aups, charmant village du haut-var, dont nous n'avons hélas pas assez profité à mon goût. :rulez:

Mais il nous fallait encore avaler quelques dizaines de kilomètres avant de retrouver, tel un vol de gerfauts, non pas le charnier mais le gîte natal !! :lol:

Pour voler, on a volé. Je vous l'assure.

C'est toujours touchant de voir la tête des passagers d'une boîte à roues quand elle vient de se faire doubler, sur une paisible départementale, par une trentaine de malades mentaux, roulant, pour les plus lents, à près de 140 à l'heure... :chin: :sifflene:

A ce sujet, je me souviens très bien d'une petite station-service - Total je crois - située à la sortie d'ALLEMAGNE EN PROVENCE, et qui marquait le début de la dernière spéciale avant le gîte...:up:

C'est là tout le charme de la Bod. Traverser notre si beau pays à des vitesses qui pourraient à elles seules valoir la réouverture du bagne...:lol:

Que voulez vous ?...

Se faire traiter de tarlouze à l'arrivée étant souvent très mal vécu, il faut bien tenir son rang... :grr1: :vv:




se taper 18 pages de posts et se rendre compte que l'histoire n'est pas finie  :lol: :lol: :lol:
mais c'est un peu ça dans le fond... il n'y a pas de fin...  :wink:
« Modifié: mer. 27/02/2013 à 18:19 par rudd59 »
       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #261 le: mer. 27/02/2013 à 18:37 »
 :bravox01: :bravox01: :bravox01: :bravox01: J'adore !!

Quel talent le Chef

Merci Rudd  :++:
Plus vraiment Aubergiste mais y aura des fois de la Verte !!!

Cours, Bizut, cours, l'ours te rattrapera toujours !

Attention, Ours sans humour : Femme, enfants, parents, terre et drapeau : Sujets sensible

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #262 le: mer. 27/02/2013 à 18:48 »
Le pire (  le bien ) c'est que ce n'est pas imagé , les écrit de Grogro retranscrive bien la réalité des fais   :+++:

Oh excellent sa retranscription de notre arrivé sur Lyon !!!!  :ptdr: :ptdr: :ptdr: :ptdr: :ptdr: :ptdr: :ptdr: :ptdr:


Merci Ruddy d'avoir ressortis l'album des vacances  :bisou:

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #263 le: mer. 27/02/2013 à 21:03 »
Merci Ruddy,voilà un compte rendu qui vous remet ´dans la tète des moments merveilleux  :bisou: :clan:
ma belle région l'AUVERGNE

Hors ligne rudd59

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #264 le: lun. 14/05/2018 à 11:25 »
Grogro - Cow Cheese... j'espère que la Penn Ar Bod aura le droit de vous chatouiller la plume :love:
       

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #265 le: lun. 14/05/2018 à 11:35 »
Je connaissais la plume de Cow-cheez (à prendre sous l'angle littéraire hein les gars. Pas d'idée tordue) et voila que je découvre celle de notre chef vénéré.

Bon ben j'ai du boulot en perspective.

 :++: :++: :++:

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Re : Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #266 le: lun. 14/05/2018 à 22:06 »

Grogro - Cow Cheese... j'espère que la Penn Ar Bod aura le droit de vous chatouiller la plume :love:


Je crois qu'il n'y a pas d'inquiétude a avoir  :wink:

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Re : Approchez approchez...Grogro vous raconte la BOD...
« Réponse #267 le: mar. 15/05/2018 à 12:07 »
  :sifflene:
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